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 [Event PVP] - L'Eveil de la Fournaise

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Pandemy
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MessageSujet: [Event PVP] - L'Eveil de la Fournaise   Mer 29 Oct 2008 - 22:52

AVIS À TOUS

Ceci est un scénar pour un super évent qui n'a malheureusement jamais pu se mettre en place... toutes les guildes volaille sont les bienvenues pour nous aider à le monter, il vous suffit de remplacer "Pavillon Noir" par votre guilde et ça marche pareil ;o).



PROLOGUE


Quelque part, dans les terres oubliées du sud de Kalimdor, la crête de la Fournaise au cratère d'Un'Goro s'éveilla d'un sommeil de deux décennies. La rage de Gaïa allait s'abattre prochainement sur les rivaux éternels de Conflit et de Pavillon Noir...



****

1


Dans la pénombre du sous-sol enfumé d'Orgrimmar, le seigneur de guerre Thrall songeait à un être auquel il n'avait pensé depuis vingt ans, déjà... "Je sens que la magie s'amenuise..." dit-il à voix haute, plus pour lui-même que pour les gardes fidèles qui l'entouraient. "Bientôt, il ne sera plus en sécurité..."

L'alerte retentit dans les coursives de la forteresse... L'Alliance et ses raids furtifs n'inquiétait plus le chef de la Horde depuis longtemps, mais elle troublait sa méditation.

"Bientôt..." songea-t-il en empoignant son arme d'un geste fatigué. L'odeur poisseuse de la mort inéluctable des alliés imprégnait chaque pierre sur le chemin qui le menait au combat.


****

2


Le vent de l’Est avait apporté avec lui une rumeur – à peine un murmure – jusque dans les rues de pavés humides de Hurlevent, mais le commandant Cameron ne pouvait l’entendre. Tassé dans un tonneau aménagé au fond d’une taverne sans nom de Forgefer, il regardait ses hommes, autrefois les cruels mercenaires regroupés sous l’emblème du Pavillon Noir. Ils n’avaient plus rien de noble aujourd’hui, et Cameron lui-même ruminait dans le jus âcre de levure que les nains osaient appeler de la bière.

Le commandant songeait à sa défaite lors de la lune précédente au Fort du Nord et il voyait comment la résistance sans mesure des fils de chienne de la Horde avait eu raison du courage de ses braves. Des braves, tu parles… des outres à houblon à présent. Les Pavillon Noirs avaient rangé leurs armes et passaient désormais leurs nuits l’air morose et anéanti à machouiller distraitement les seins flasques et mous de quelques putains naines et draeneï aux sourcils épais. Cameron jurait même en avoir croisé certaines avec une glotte saillante et la voix étrangement rauque. Mais pour l’instant, que faire d’autre qu’attendre ? Wasabi et sa troupe de rebus grouillants semblaient invincibles...

Cameron n’avait pas encore eu vent de l’étrange rumeur qui prenait corps dans les ruelles de l’Alliance, cet imperceptible écho annonçant le retour du roi… Il avala brutalement le reste de sa bière épaisse et trop amère et se laissa tomber sur la première couche de putain qu’il pu trouver.


****

3


Le colonel Wasabi sentait les épices lui monter au nez… en guise de nez il n’avait bien sûr que les deux fentes étroites qui étaient autrefois un organe bien en chair, mais les expressions ont la vie dure – enfin, pas autant qu’un mort-vivant en tous cas. La colère pénétrait ses os car malgré la défaite humiliante et douce à ses oreilles des Pavillon Noir au grand Fort de Cabestan et la chute, deux lunes plus tôt, du général en chef des humains de Hurlevent, le commandant Cameron et ses troupes respiraient toujours. La simple existence de ces rats de rivières, consanguins ivrognes et fils de leurs maudits aïeux, lui était intolérable. Il fallait remettre cette vermine pouilleuse et arrogante à la seule place qui lui était due : au bout d’une pique durant quarante jours au centre de la Vallée de la Force puis, lorsque les cadavres suitants se seraient couverts de vers et de larves blanches, dans une fosse commune scellée à la chaux. Ou mieux, on les jetterait aux porcs de TrancheColline pour la grande gloire de Thrall et de la Horde.

Un courrier arriva un matin par Wyverne au sommet de la Tour des Cieux. Wasabi connaissait bien le sceau privé des Pavillons Noirs et il sut, avant même de la lire, que cette lettre ne pouvait contenir qu’une menace d’anéantissement futur. « Essaie toujours, outre à vinasse », se dit-il en ouvrant la missive.

C’était une demande de palabre. Cameron voulait s’entretenir personnellement avec les hauts officiers de guilde. En guise de signature, il avait craché un molard mêlé de bile verdâtre ; Wasabi crut déceler une odeur de mauvaise bière. Ces volaille n’ont décidément aucune classe. Il fit grincer tous ses os de rire et fit circuler la pitoyable requête de rencontre parmi ses hommes. Bientôt, pas un péon servile d’Orgrimmar, depuis le plus minable larbin jusqu’aux gardes d’élite du Seigneur Thrall, n’ignorât que les Pavillon Noirs étaient acculés aux pourparlers.


Dernière édition par Pandemy le Jeu 30 Oct 2008 - 2:39, édité 2 fois
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Pandemy
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MessageSujet: Re: [Event PVP] - L'Eveil de la Fournaise   Mer 29 Oct 2008 - 22:53

****

4


« Il se fout de nous, chef » dit le lieutenant-voleur Abu à Wasabi lorsqu’ils atterrirent devant le coursier du vent de Fossoyeuse. Il gratta d’un geste affectueux la chauve-souris géante qui l’avait porté puis l’animal reprit sa place sur les paternes, attendant son futur envol.

« Bien sûr qu’il veut nous piéger, lui dit Wasabi, tu me prends pour un noob ? Mais ce chien pelé essaie depuis trop longtemps d’avoir notre peau… et aujourd’hui, il m’annonce qu’il souhaite une rencontre officielle… je suis sûr qu’une troupe entière de voleurs camouflés sont déjà autour de nous.
- C’est pour ça que Fossoyeuse était le seul endroit possible, dit une ombre derrière eux. »

Le second lieutenant Pandemy venait d’arriver en retard et il prenait la conversation en cours de route. « Il ne pourra rien tenter ici… dans le fief des réprouvés, » dit-il avec un rictus qui laissa apparaître une large partie de sa mâchoire décharnée. Les trois morts-vivants contemplèrent autour d’eux la splendeur sombre et désespérée des salles souterraines de Fossoyeuse, leur patrie. Le spectacle leur rappelait leurs premiers raids tandis qu’ils appartenaient à la communauté Olympe et qu’ils poursuivaient les alliés dans le dédale de la ville durant des jours et des nuits.

« Il est ici » dit soudain Abu.

Le commandant Cameron était apparu dans toute sa déchéance dans un recoin éloigné des gardes de la grande salle. Il risquait sa vie en venant à découvert si près des troupes de Dame Sylvanas mais Wasabi ne lui avait pas laissé le choix. Les vaincus n’avaient pas leur mot à dire selon les coutumes de la Horde, et les lieutenants de Conflit étaient intraitables sur le respect des traditions – surtout quand la tradition leur donnait l’avantage.
« Cameron, sac à vin, tu es tout de même venu… » ricana le colonel.
« Et seul, dit Cameron. Voici mon armure, voici mes armes. Regarde. »
Il leur présenta son équipement si durement acquis sur les champs de bataille. Il n’était clairement pas ici pour se battre.
« En tant que commandant vaincu, je viens défier en personne mes adversaires. La victoire de la Horde au Fort du Nord était inattendue… nous étions plus nombreux… j’ai sous-estimé la valeur de tes guerriers Wasabi… »
Abu et Pandemy, tenant en joue de leurs plus puissants dots l’ennemi juré, ne purent s’empêcher de lui rire en pleine face. Il n’avait donc aucun honneur ?
« Je défie la guilde Conflit en affrontement régulier. Tes… tes « soldats » et mes hommes, à la loyale. »
Les morts-vivants riaient tant qu’ils pouvaient… Dame Sylvanas ne manquerait pas de bientôt les foudroyer pour troubler ainsi le silence des catacombes, mais la situation devenait si douce à leurs oreilles qu’ils en oubliaient toute retenue.
« Tu tiens donc tant que ça à mourir sous ma botte, Cameron ? lança Wasabi. Tes hommes comme tu dis ne sont plus que des mercenaires pleins de bière et abrutis par les putains difformes qu’ils baisent chaque jour dans les arrières-cours puantes de l’Alliance. Vous vous donnez des grands airs, avec vos étendards et vos armures scintillantes, mais vous n’êtes que des hordeux dans l’âme.
« Nous, au moins, nous assumons notre nature, » ajouta Pandemy sans sourire cette fois. Il avait conservé sa forme d’ombre et sa voix ténébreuse de prêtre démoniaque se répercutait sur les murs de pierre.
« Pourquoi irions-nous accepter le défi d’une épave dans ton genre ? » demanda Abu pour mettre un terme à cette entrevue grotesque.


C’était la provocation que Cameron espérait. Il sourit intérieurement, fier de constater combien son stratagème avait fonctionné. Ces hordeux primitifs étaient décidément bien faciles à manipuler… Il répondit sans se trahir : « Parce que cela m’ennuierait de voir votre si noble et si puissant Thrall ridiculisé et traîné dans la boue d’Orgrimmar par ses propres fidèles. »

Le silence avait soudain repris ses droits dans la salle du trône des réprouvés.


****

5


Les trois mercenaires débarquèrent sans cérémonie dans l’antre de Thrall au cœur de la Faille de l’Ombre. Le Seigneur de la Horde était réputé parmi ses hommes pour sa bienveillance et sa générosité sans faille envers tous les parvenus rassemblés sous sa bannière, mais ses gardes les plus fidèles étaient des assassins furtifs et impitoyables, qui tranchaient aussi bien les gorges alliées ou ennemies s’ils estimaient que leur chef était menacé. Ils fondirent sans un bruit comme des flèches portées par le vent d’Ouest sur les morts-vivants de Conflit et les tinrent sous la garde de leurs lames.

« Maître ! cria Wasabi. Nous sommes porteurs de sombres nouvelles ! »
Les dagues des soldats s’enfonçaient dans les côtes de ses lieutenants, impuissants face aux talents de l’élite de la Horde. Le Seigneur Thrall retint d’un geste leur exécution et, dans une marque d’estime exceptionnelle envers les réprouvés, il quitta son trône et plongea son regard dans les orbites vides et implorantes du commandant.
« Wasabi, fidèle conquérant du Puits du Haut-soleil sur l’île de Kel Danas ; Abu et Pandemy, loyaux défenseurs de Halaa et gardiens du Plateau Elémentaire ; vous mettez vos vies en danger pour m’avertir d’une menace. Elle doit être de taille pour avoir effrayé des combattants tels que vous. »
« Seigneur, votre trône est menacé. L’Alliance possède un secret sur votre passé capable de vous destituer et de…
« Je suis au courant, » le coupa Thrall.
Les mercenaires levèrent la tête, subjugués par le calme et le charisme de la voix de leur Seigneur.
« Les éléments me l’ont soufflé cette nuit » dit-il enfin dans un sourire où perçait une note mélancolique et même, oui, de nostalgie.


****

6


Wasabi, Abu et Pandemy se rendirent au quartier général de leur guilde. C’était un lieu austère et rude, fait de roc et de bois, mais c’était chez eux et ils s’y sentaient bien. Une bouffée rassérénante de fraternité leur redonna confiance en leur capacité à mener à bien l’étrange mission qui venait de leur être confiée. Wasabi convoqua l’ensemble de ses troupes – morts-vivants taciturnes, trolls puants, orcs de toutes espèces, elfes de sang à la beauté tragique, taurens envahissants et camarades de bagarre en tous genres – et se mit à leur conter une histoire inconnue encore quelques heures plus tôt. Une histoire parmi les milliers qui constituaient le socle fondateur d’Azeroth, le souffle des légendes qui avait poussé chaque être réuni ici à épouser un jour la destinée de tous les peuples persécutés ; une histoire appartenant au passé et qui menaçait le présent, et par là-même l’avenir de la Horde toute entière.
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Pandemy
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MessageSujet: Re: [Event PVP] - L'Eveil de la Fournaise   Mer 29 Oct 2008 - 22:53

****

7


Récit de Thrall, Seigneur de Guerre de la Horde, tel qu’il fut fait aux mercenaires de la guilde Conflit en l’an *** du Troisième Âge d’Azeroth.

« Je n’étais qu’un jeune soldat parmi d’autres, m’entraînant dans la poussière rouge de Durotar pour devenir un guerrier craint et respecté. Nous étions tous fougueux, fanatisés par la rancœur et notre haine envers l’Alliance et ses mensonges… je n’avais pas encore ouvert mon cœur et mon esprit aux voies chamaniques et ne rêvais qu’à prendre d’assaut à moi seul les citadelles alliées pour leur faire crier grâce. J’étais très jeune et très stupide… un guerrier Troll entreprit de m’enseigner la science des Berserkers, ces soldats indestructibles qui puisent leur force dans la colère et la peur, aussi dangereux pour les ennemis que pour leurs proches. Je me sentis ennivré par cette puissance nouvelle.

La voie du Berserk imposait un long voyage initiatique en solitaire à travers Azeroth, tels les héros de jadis parcouraient le monde à la recherche de gloire et de fortune… Je quittai la sécurité de Durotar armé de mes seules lames meurtrières qui se languissaient de répandre le sang allié.
Je parcourus des terres inconnues durant cinq longues années, entraînant mon corps, soumis aux périls naturels et aux dangers de la nature. Partout, je voyais s’étendre la domination de l’Alliance sur les déshérités de la terre, et ma haine grandissait. Je vis tant de choses que les alliés ne pourraient même pas croire… de grands navires en feu surgissant de l’épaule d’Orion… j’ai vu des rayons fabuleux briller dans l’ombre de la Porte de Tannhaüser… Tous ces moments disparus dans l’oubli… comme les larmes, dans la pluie…

Mes transes de berserker se faisaient chaque fois plus longues et plus intenses, au point que je faillis plusieurs fois ne jamais redevenir moi-même. Chaque nouveau combat me plongeait un peu plus profondément dans les abysses de la rage et de la destruction.

Un jour, je repris conscience au milieu d’une rivière de sang. Je regardai autour de moi : une expédition entière de l’Alliance avait péri sous mes coups et mes crocs. Je riais. Leur sang me recouvrait et j’en savourais le goût sur ma langue. Je dévorai les rares survivants agonisants.
Ma dernière victime était une jeune femme. J’achevai de me nourrir de sa chair lorsque l’enfant qu’elle portait en elle vint au monde, poussé par un ultime désir de vivre au milieu d’une telle désolation. Il naquit d’une morte et plongea son regard dans le mien. Je me mis à pleurer : ce regard n’était ni accusateur, ni terrifié. Il semblait juste dire « et maintenant, vas-tu t’occuper de moi ? » comme si je n’avais pas d’autre choix. Je pris l’enfant nouveau-né sur ma monture et disparu comme un lâche.
Il me fallait trouver une retraite et méditer sur les changements qui venaient de voir le jour en moi. Je me réfugiai, porté par les vents contraires, en une terre reculée et désertée en raison de la jungle moite et étouffante qui la recouvre. Le cratère d’Un’Goro était une zone encore inexplorée à l’époque… c’était avant que l’on y implante des pierres de rencontre et que la Horde y aménage l’un de ses donjons destinés à prouver la valeur de ses combattants.

La chaleur constante de la crête de la Fournaise nous prodigua, à l’enfant et moi, la végétation nécessaire à notre survie… les ruisseaux de lave ardent qui coulaient en continu le long de ses flancs tenaient éloignées les bêtes sauvages. Ce répit inattendu me permit de comprendre combien je m’étais engagé sur un chemin menant à ma perte. Les esprits élémentaires de la grotte de la Fournaise m’enseignèrent patiemment les talents chamanique de contrôle de la Mère Nature. Je compris qu’il me fallait désormais honorer Gaïa, la déesse Mère, et ne plus rougir sa terre du sang de mes ennemis. La Horde ne pourrait retrouver sa légitimité qu’à ce prix… nous devions cesser d’être des barbares sanguinaires et arracher à l’Alliance le droit inaliénable de vivre libres sur les terres de nos ancêtres.

L’enfant grandissait, évidemment… je n’avais su me résoudre à le tuer ; et puis, peut-on réellement tuer un enfant né d’un cadavre sur le champ de bataille ? Une telle volonté de vivre saurait-elle être vaincue ? Je pris donc sur moi de l’élever en lui enseignant à mon tour la voie du chaman. Il était un élève doué. Nous passions parfois des semaines entières sans bouger, sans parler, assis en tailleur l’un en face de l’autre dans la chaleur humide de la Fournaise à nous affronter par l’esprit. Je ne lui révélai jamais les origines de notre rencontre… j’ignore s’il finit par me prendre pour son père, malgré les différences évidentes de nos apparences. Je pense qu’il le savait mais qu’il s’en moquait ; ce petit… ce… ce gosse avait un caractère surprenant. Nous avons vécu ainsi durant huit années. Nous n’avions besoin de rien d’autre que de méditation et de notre compagnie mutuelle. Je découvris ainsi que les humains n’étaient pas cruels et pervertis de nature… seule leur éducation et la haine que leur transmettent leurs parents font d’eux nos ennemis.

Mais je dus l’abandonner. Je l’ai laissé là-bas, au sommet du volcan, sans un regard un arrière. J’ai abandonné mon fils…

Il s’était cogné la tête. Rien de plus naturel chez un enfant qui passait son temps à pourchasser les élémentaires de feu en leur lançant des pierres. Il était par terre, pleurant de douleur et de fierté blessée, et son crâne saignait abondamment. C’était une vilaine blessure, qui m’obligea à lui raser en partie les cheveux pour lui appliquer un onguent de guérison. C’est ainsi que je la vis. La marque de naissance à l’arrière du crâne en forme des armoiries royales de Hurlevent. Ce petit était le prince héritier, et l’expédition que j’avais massacrée des années plus tôt, sans le savoir dans la fureur aveugle de ma transe, était celle du couple régent. J’avais recueilli l’héritier du trône de l’Alliance, celui que le destin avait désigné pour être mon ennemi lorsque nous nous croiserions devenus adultes.
Je m’enfuis sans un mot, en lui laissant pour seule protection des totems magiques de longue durée que j’espérais suffisants pour tenir à l’écart les bêtes sauvages. Il me regarda partir ; toujours aucune lueur de reproche dans ses yeux pensifs. Dans ses mains, il serrait nerveusement la dague gravée du Sceau de Durotar avec laquelle je lui avais rasé le crâne.

Aujourd’hui, j’ai su que les totems magiques s’étaient éteints. Ils ont brûlé fidèlement durant vingt longues années, assurant à l’enfant de grandir en paix tant qu’il resterait à portée de leur action. Le vent m’a fait savoir que la magie avait disparu… et désormais le prince héritier peut-être retrouvé par les siens… sans doute même l’ont-ils déjà découvert. Et ils trouveront sur lui la dague appartenant à ma famille comme ultime témoin de ma lâcheté et de… de mon amour de père pour un enfant humain. »

****

8


Wasabi acheva le récit de Thrall devant une assemblée muette. Les hurlements et les rires qui ne manquaient jamais de s’élever d’une troupe de hordeux ne résonnaient plus sur les parois épaisses qui les entouraient. Les officiers eurent soudain besoin d’entendre l’ambiance coutumière d’Orgrimmar – chaos constant né du fracas métallique des armes et de la forge mêlé aux cris des orcs et de leurs montures. Tout plutôt que ce silence de mort qui s’était abattu sur les soldats. Au fond de la salle, un puissant druide Tauren prit la parole, d’une voix où venait de mourir un sanglot, et il récita une incantation dans un langage elfique parfait, à l’exception de son léger accent venu des plaines de Mulgore. Une lumière orangée se répandit parmi la troupe de Conflit et la Horde entonna, de façon étonnamment douce, un chant d’honneur à la gloire de leur chef et de leur patrie.

Seul un guerrier orc demeurait à l’écart en maugréant diverses injures et malédictions en vieux parler Orc, hérité de ses ancêtres venus du Mordor. Wasabi l’invita en Tirade Spéciale, un droit de s’exprimer accordé à chaque soldat qui en faisait la demande, quelque soit son niveau ou ses talents. « Parle donc, Léonidas. Toi qui rumines dans ton coin comme un tauren atteint de la VacheFollite. »
« Le déshonneur qui règne ici me soulève le cœur, dit enfin Léonidas. Vous n’êtes pas dignes d’appartenir à la Horde. »
Il n’en fallait pas plus pour redonner à la salle toute sa hargne et son désir de combattre. Ils se levèrent d’un bon et déjà le vacarme des injures et des menaces couvrait la voix des officiers qui tentaient de les appaiser. Léonidas les narguait d’un air supérieur.
« Suis-je donc le seul à avoir écouté le récit de la honte de notre soi disant Seigneur de Guerre ? »
L’insulte directe envers Thrall fit soudain taire les orcs les plus enragés. Pandemy lança en un réflexe un Mot de Douleur sur le traître qui se tordit en tous sens sur le sol sans cesser pour autant de les toiser en défiant l’autorité de leur chef à tous : « Le grand Thrall, nounou-boniche d’un enfant d’humain ! Ah ! D’un moutard rose et puant, sans même une griffe ni un croc. C’est aussi abject que de tomber amoureux d’un steak de talbuk. Les humains servent à être mangés, rien d’autres. Est-ce là le chef que vous voulez pour vaincre l’Alliance ? »

Pandemy canalisait déjà sa mana pour punir l’affront de son Mot de Mort et faire taire à jamais ce traître à sa cause mais Wasabi le retint par les os du poignet. « Nous servons le Seigneur Thrall, expliqua-t-il aussi bien à Léonidas rampant sur le sol qu’à tous ses mercenaires réunis. Cela ne souffre aucune exception, aucune contestation. Libre à toi de voir de la faiblesse dans cet acte passé Léonidas. Moi, j’y vois la marque de la noblesse et du respect du faible qui font les qualités d’un grand guerrier. Qu’importe si tu l’approuves, Thrall est le chef de la Horde, tu lui dois obéissance et fidélité. »
« Je répugne à admettre cette histoire, lâcha Pandemy en un sourire mauvais. Et je n’approuve pas plus que toi notre Seigneur, Léonidas. Mais si ce secret est révélé, c’est la Horde toute entière qui court dans l’abîme : sans Thrall pour nous guider, que ferons-nous ? Est-ce toi, Léonidas, qui mènera la lutte contre l’Alliance ? Peux-tu rivaliser avec les millions de doses de mana que le Seigneur possède ? »
« Vous êtes des traîtres ! rugit Léonidas. Des lâches ! Des… »

Léonidas n’eut jamais l’occasion d’achever son insulte. Il fut foudroyé sur l’instant par les dizaines de sorts et malédictions qui jaillirent en tous sens dans un maelström d’éclairs bleutés et argentés. Son cadavre racorni et déchiqueté retomba dans la poussière sans un bruit ; il ne pesait plus rien. Les orcs se précipitèrent vers ses restes pour récupérer ses pièces d’équipement.

Wasabi reprit la parole : « Il a mérité cette mort, mais comprenez mes fidèles qu’il avait raison. Si les soldats dévoués au Seigneur feront tout pour préserver ce secret, je doute fort de la loyauté du peuple… si la rumeur se dévoile, les habitants d’Orgrimmar et de tout Kalimdor exigeront la tête de Thrall au bout d’une pique. »
Il attendit un instant que son raisonnement s’imprègne dans les esprits grossiers et rustres des membres de sa guilde puis il reprit : « Notre chef nous a confié une mission. J’ai besoin de chacun d’entre vous. Nous allons nous rendre au plus tôt jusqu’au cratère d’Un’Goro et faire disparaître toutes traces de la présence de l’enfant et de Thrall en ces lieux. Il nous faut retrouver la dague de Durotar et la rapporter au plus vite en sécurité avant que les alliés ne s’en emparent pour déshonnorer le Maître.
- Et pour l’enfant ? » demanda un elfe de sang aux yeux vifs.
Wasabi hésita une seconde. Son lieutenant Abu répondit pour lui : « On le tue, fin de l’histoire. »


****

9


Les Pavillon Noirs venaient d’entendre de la bouche de leur chef la rumeur annonçant pour bientôt le retour du roi. Des patrouilleurs nains à la recherche de nouveaux gisements de minerai avaient senti une barrière magique mourante en survolant le cratère d’Un’Goro. Partout dans les villes et villages de l’Alliance on se racontait la fin tragique du couple royal vingt huit ans plus tôt en cette terre éloignée de Kalimdor, et l’idée que le prince héritier ait survécu au massacre, loin de tous, enflammait les esprits. Cameron avait détaillé à sa guilde les paramètres de la mission de sauvetage qui lui avait été confiée, en guise de dernière chance de prouver sa valeur après ses défaites répétées. Pour les mercenaires connus sous le nom de Pavillon Noir, cette épreuve leur apporterait fortune et gloire ou les condamnerait à la honte jusqu’à la fin de leurs méprisables existences.
Le commandant abandonna ses hommes à leurs préparatifs et se retira pour imaginer la mort prochaine des Conflit, et combien il serait doux de réduire Wasabi en esclavage.

****

10


A plusieurs milliers de milles de distance, la crête de la Fournaise entra en éruption et embrasa le ciel du cratère de ses nuées ardentes. La terre réclamait son offrande. Elle exigeait le sang qui lui était du.

Bientôt, on entendit le froissement des ailes des montures volantes en approche…
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Gingo
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MessageSujet: Re: [Event PVP] - L'Eveil de la Fournaise   Mer 29 Oct 2008 - 22:54

J'ai pas lu mais c'est bien.
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allaen
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MessageSujet: Re: [Event PVP] - L'Eveil de la Fournaise   Dim 2 Nov 2008 - 18:16

J'ai tout lu c'est vraiment prenant si tu compte faire une suite ou qu'elle est déjà écrite poste la plz Smile
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Korps
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MessageSujet: Re: [Event PVP] - L'Eveil de la Fournaise   Sam 5 Déc 2009 - 23:49

Mais lol Gingo !
J'ai tout lu est j'ai vraiment aimer, le post a l'air plutôt vieux, j'ai hâte de suivre la suite, si il y a Smile
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kukron
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MessageSujet: Re: [Event PVP] - L'Eveil de la Fournaise   Mar 12 Jan 2010 - 5:05

pandémy prochaine fois fait un effort de mettre un résumé de texte en "SMS" pour les ottistes comme gingo et moi :p
(enfin si tu joues encore au jeu lol)
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MessageSujet: Re: [Event PVP] - L'Eveil de la Fournaise   

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